«Pablo», 100% vélo…

Publié le par Club Champagne Charlott'

Aube - Dans l’ombre des cyclistes, des passionnés… sans qui les coureurs auraient bien du mal à s’exprimer. Parmi eux, Pascal Paillez, mécano…

Pascal Paillez, dit « Pablo », toujours au service des coureurs, à 52 ans.

Pascal Paillez, dit « Pablo », toujours au service des coureurs, à 52 ans.

Ils sont un peu les hommes à tout faire ; capables de conduire le camion, de réparer les vélos, de passer les bidons ou de masser les coureurs lors des épreuves par étapes. Ils ne demandent rien à personne, finalement, restent toujours dans l’ombre des coureurs. Mais ils accomplissent leur mission avec passion. «  Des garçons comme Pablo, il en faudrait plus dans des clubs comme le nôtre, souligne Michel Huet, emblématique directeur sportif de l’UV Aube/CC Charlott’. Il est toujours simple, gentil, serviable. C’est un rouage important dans notre mécanique. Quand on connaît des problèmes sur le matériel, il est capable de travailler jusque très tard dans la soirée pour les résoudre. Et le lendemain, il est disponible, prêt à repartir… »

Pascal Paillez, dit « Pablo » («  Ce surnom vient de l’école de cyclisme ; un gamin avait vu un film et trouvait que je ressemblais au personnage principal. De fil en aiguille, ce surnom est resté »), a fait une carrière amateur… très honnête. De longues années 1re catégorie, il a remporté quelques belles épreuves (dont Bar-le-Duc), et, surtout, «  obtenu plusieurs belles places d’honneur (3e du chrono du Circuit des Mines, 2e du chrono du Tour de la Haute-Marne) ». «  J’ai arrêté le vélo à 35 ans  », raconte-t-il. Suite à un événement dramatique, qui l’a profondément touché. «  Je suis remonté en Nationale en 97, se souvient-il. Je roulais à l’ASPTT et m’occupais, en même temps, d’un petit jeune, Fabrice Protin, qui courait à l’UVA. On s’entraînait ensemble, je lui donnais des conseils. Il a eu un accident dans une descente. Il est décédé. J’ai arrêté le jour même. Aujourd’hui encore, quand j’y pense, c’est douloureux… J’étais très attaché à ce gamin.  »

 

Ses congés ? Pour le vélo

À la fin de l’année, pour s’occuper, et parce qu’il aime ce milieu, Pascal a demandé à Michel Huet s’il avait besoin de quelqu’un pour l’aider. «  Tout est alors reparti…  » dans l’ombre, cette fois.

S’il a mis sa carrière de bénévole entre parenthèses de 2000 à 2007, Pablo a vite replongé. «  Michel m’a rappelé pour Paris-Vierzon, puis pour Paris-Chauny… et pour le Tour de Moselle. (il rigole) Finalement, je n’ai plus arrêté.  » Il avoue, chaque fin de saison, «  une petite lassitude  », surtout quand les résultats manquent. «  On vit avec le groupe, presque au quotidien, révèle-t-il. Mes congés, je les prends exclusivement pour le cyclisme, pour aller sur les courses.  » Toujours pour aider. «  J’aime ça, confie-t-il. Avant, tous les cyclistes étaient mécano. Aujourd’hui, certains jeunes ne savent même pas régler un dérailleur. » Il apporte une aide technique, offre une oreille attentive quand le coureur doute. «  Sur la table de massage, les garçons se livrent.  » Mais s’intéressent-ils seulement à l’homme qu’il est ? «  Oui, répond Pablo. Il y a de l’échange. On tombe très souvent sur de bons gars. » Très rarement, les relations se tendent. «  Cela a été le cas cette année avec Adrien Pascal, reconnaît-il. Par le passé, j’ai aussi eu quelques frictions avec Aurélien Duval. On n’avait pas toujours le même sens de l’humour… Mais avec Duval, ça s’est arrangé. Lui, c’était une force de la nature, un super-coursier, capable de suivre des plans d’entraînement énormes. Il a loupé une belle carrière… »

Mécano, soigneur, « Pablo » conserve d’excellents souvenirs de ses années dans le staff de l’UVA. «  Il y a beaucoup plus de satisfactions que de déceptions  », estime-t-il. Quand tournera-t-il définitivement la page ? «  Tant que je prendrai du plaisir, je continuerai », conclut-il. Ce n’est pas l’UVA qui s’en plaindra…

 

Source: lest-eclair

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