« Quand on voit ne serait-ce que la qualité des équipes qui seront présentes au départ comme Agritubel, Besson et Bretagne, on ne va pas beaucoup toucher terre. » Le directeur sportif de l'UV
Aube ne se berce pas d'illusions à quelques jours de l'épreuve-reine du département qu'elle organise. Ses coureurs auront toutes les peines du monde à faire mieux que de la figuration. Seul
Mathieu Simon, 25e en 2008, peut prétendre jouer les trouble-fête. « Il avait eu le mérite de s'accrocher dans un petit groupe l'année dernière. Sauf incident, il ira encore au bout dimanche. Il
a un bon mental et sait se faire mal aux jambes. »
L'ennui, c'est que le fils de Régis risque de se retrouver isolé au milieu d'un peloton où les équipes Continentale, voire Continentale Pro (Agritubel) vont jouer des coudes. Sans compter les
formations étrangères qui enverront quelques éclaireurs à l'avant.
Ça forge le mental
En effet, le restant de la troupe de l'UVA est actuellement trop juste pour rivaliser avec des coureurs professionnels à part entière. Le club troyen, habitué aux joutes de la DN2, ne tire tout
simplement pas dans la même catégorie. « Le décalage est encore plus criant en début de saison », craint Michel Huet.
Pour certains, ce Paris-Troyes pourrait virer à la galère. Ferrand-Prévot est apparu épisodiquement en course en raison d'une blessure à la cheville. Rouyer, le capitaine de route, a multiplié
les pépins de santé et n'est pas, non plus, au mieux de sa forme. « Nos moyens seront très limités », ajoute-t-il avec lucidité. Seul Cantournet semble actuellement capable de faire de la
résistance. Et encore… « Le parcours est trop accidenté pour son profil. » Dans ces conditions, fallait-il, coûte que coûte, dépêcher une équipe au départ de l'épreuve ? La réponse de Michel Huet
fuse : « Ça leur montre ce que c'est que le métier. Paris-Troyes, c'est vraiment une course très difficile. Mais on ne fait pas un tracé pour que l'UVA brille, plutôt pour que le public se
régale. Et puis, je pense que ça forge un mental à mes coureurs. » Qui sont tous amateurs, faut-il le rappeler.

Mathieu Simon, même si vous êtes ardennais avant tout, Paris-Troyes est un temps fort dans votre saison…
« Oui, pour tous les coureurs de l'UVA, c'est un rendez-vous majeur. Seulement, il faut être réaliste, nos moyens sont limités pour rivaliser avec les autres formations engagées. La gagne, c'est
injouable. »
Ce sera votre quatrième participation et vous êtes toujours allé au bout malgré des conditions de course éprouvantes. Quelles sont vos ambitions cette année ?
« Jouer une place dans les dix ou dans les vingt premiers. Surtout qu'en ce début de saison, je passe mieux les bosses. J'ai fait une préparation en ce sens et le travail paie. J'en avais marre
d'être en retrait quand ça commençait à trop grimper. En plus, c'est un exercice que j'aime bien. »
Comment qualifieriez-vous votre début de saison ?
« J'ai fait trois fois troisième. C'est à la fois encourageant et frustrant. À force de tourner autour du pot, ça va arriver. À la
Tramontane, j'étais « sec » à l'arrivée. Sur la route du Canigou, Malle flingue à 200 mètres de l'arrivée et le sprint se joue pour la deuxième place. Et à Amnéville, j'ai dû faire l'effort pour
boucher un trou à 500 mètres de la ligne pour contrer un coureur qui avait fait l'écart. Je ne suis pas surhumain non plus ! »
« L'année où je dois me montrer »
Vous avez le sentiment de jouer une carte importante pour la suite de votre carrière ?
« Oui, j'ai 22 ans. C'est l'année où je dois me montrer encore davantage pour espérer franchir un nouveau
cap. »
Vous êtes dans le collimateur de la Française des Jeux paraît-il ?
« (Sourire gêné) Pour l'instant, je n'ai pas de contact. On verra bien… Pour l'instant, j'ai surtout envie de
prendre un maximum de plaisir. Mais il est clair que mon objectif est de rejoindre la famille des Simon. Je me donne encore deux ans pour intégrer une structure professionnelle. »
À court terme, vous pensez pouvoir faire mieux que les huit victoires conquises en 2008 ?
« Oui, c'est mon intention. C'est possible, j'ai pris de la caisse. Je voudrais surtout en décrocher quelques belles pour attirer l'attention. Pourquoi pas me montrer au Circuit des Ardennes,
c'est chez moi. »
Le fait d'être devenu un « titulaire » à part entière de l'équipe de France espoirs, c'est important non ?
« C'est que j'ai participé à deux stages en ce début de saison où le noyau
dur était là. Mais je suis juste sur la liste des titulaires. Après, le sélectionneur choisit en fonction de l'état de forme des coureurs et des spécificités des courses. Je ne vous cache pas que
j'aimerais bien faire un bon truc sur la Côte Picarde lors de la manche de la Coupe des Nations qui se déroule en France. »