Aticles de l'Est Eclair sur la nocturne de Troyes ...

Publié le par Webmaster UV Aube

L'UVA s'impose, dans les rues de Troyes, sans réelle concurrence !


Malgré une très faible affluence au niveau des participants, la course fut très animée

Vendredi soir se déroulait la 20e édition du Prix de la Ville de Troyes. Ce critérium nocturne a vu l'UVA réaliser un véritable carton plein

Thibault VIGIER

Le cyclisme, on l'oublie souvent, est un véritable sport collectif. Même le meilleur coureur, dans la meilleure des conditions physique, ne pourra jamais résister au retour d'un peloton lancé. Ce constat vaut tout aussi bien pour les grands champions professionnels que pour les courses de niveau inférieur.
Le critérium troyen de vendredi soir n'a pas dérogé à la règle. Même si de nombreuses attaques ont eu lieu tout au long des 78km de ce tracé urbain, l'Union Vélocypédique de l'Aube (UVA) a parfaitement contrôlé une course qu'elle ne voulait pas lui voir échapper.
Benjamin Cantournet s'impose en roublard
Cependant, à toute règle son exception. Alors qu'une arrivée au sprint semblait se dessiner, Benjamin Cantournet tentait sa chance. Parti comme un véritable boulet de canon après un sprint intermédiaire, le jeune Troyen profitait du relâchement des sprinters pour s'échapper définitivement. Le puissant rouleur pouvait alors déployer ses grandes jambes et, tête dans le guidon, filer vers la ligne d'arrivée. Un succès qui n'aurait pas été complet si ses comparses de l'UVA n'avaient pas complété le podium. En effet, non content de féliciter leur camarade, Emilien Clère et Alexandre Gratiot (vainqueur l'an dernier) réglaient le sprint du groupe de poursuivants Un triplé parfait pour le club du président Jean-François Barsot, un brin découragé malgré tout.
Un réservoir jeune en panne sèche
Découragé, le mot n'est pas faible, tant le président est déçu de voir ses catégories jeunes si peu remplies. Lucide, il en connaît les raisons : «Le cyclisme est un sport extrêmement difficile, les jeunes n'ont plus le goût de l'effort. Ils n'ont plus la volonté de passer quatre à cinq heures sur un vélo. De plus, il est certain que le discrédit occasionné par les problèmes de dopage au niveau professionnel n'arrange pas les choses. Enfin, dernier point, les questions financières sont évidemment au cœur du cyclisme. Si nous n'avons besoin d'aucune infrastructure car la route, un domaine public, est notre terrain, les équipements cyclistes sont un véritable investissement. Un vélo de course de bonne qualité se paie très cher, sans compter les maillots, casques, gants etc... C'est là que nous aimerions plus d'aide, pour permettre à nos licenciés d'acquérir des machines de bonne qualité, améliorant encore plus les résultats.»
Un palmarès bien rempli
Malgré ces inquiétudes, l'UVA se porte bien, très bien même sportivement. En effet, les victoires s'amoncellent cette année et pratiquement chaque coureur de l'équipe y est allé de son succès personnel. En outre, les perspectives à court et moyen terme sont excellentes. Mathieu Simon (7e vendredi) pourrait bientôt signer un contrat professionnel en fin de saison, et d'autres garçons comme Alexandre Gratiot ou Benjamin Cantournet y songent dans les deux à trois années à venir comme l'explique le premier cité : «C'est certain que quand on arrive à ce niveau, on a comme objectif de signer un contrat pro. Maintenant dans le cyclisme il est rare de voir des professionnels signer un contrat avant 24 ou 25 ans. Il faut cependant garder les pieds sur terre et prévoir une porte de sortie. Le cyclisme est un sport extrêmement exigeant, et le moi ndre relâchement se paie cash. Si on arrête de s'entraîner, il est inutile de rêver de victoire lors de la course suivante. Mais on savoure d'autant plus quand on s'impose. Les efforts sont toujours récompensés à juste titre dans le cyclisme.»
Le seul bémol de la soirée restera la faible participations puisque seuls 24 coureurs ont pris le départ de la course troyenne. Espérons que l'an prochain la course retrouvera son affluence d'antan.

Benjamin Cantournet, le (très) grand espoir troyen

 

Benjamin Cantournet a fait parler sa puissance dans les rues de Troyes


Du haut de ses presque deux mètres, Benjamin Cantournet n'a pas un physique commun dans le monde du cyclisme. Généralement, les grands coureurs sont désavantagés du fait d'une plus grande prise au vent. Cependant, quand la forme est là, la puissance développée par de tels coureurs est difficile à suivre pour les adversaires. Ce fut le cas vendredi soir lors du Prix de la Ville de Troyes. Après un sprint intermédiaire, tout le monde se relève, sauf un, une réaction trop tardive des adversaires, l'écart est fait, la victoire au bout de la souffrance. Car le cyclisme, c'est avant tout la satisfaction de dompter la route mais également la douleur physique engendrée par un sport qui ne tolère aucune baisse de régime.
Une passion pour le vélo transmise de père en fils
Cependant l'exigence a cela de bon, qu'elle procure une satisfaction plus grande encore en cas de réussite. C'est en cela que le cyclisme sur route est motivant. C'est en cela qu'il a pris au piège Benjamin. :»J'ai commencé le vélo à cause de mon père car c'est un très gros rouleur. Depuis tout petit je le suis et j'ai gardé cette envie, cette envie de se faire mal, de progresser et de se faire plaisir. Cela fait maintenant douze ans que je fais du cyclisme et depuis quatre ans à l'UVA. Je me considère comme un vrai baroudeur, j'aime me lancer dans les échappées car je n'ai pas de véritables qualités de grimpeur ou de sprinter, mais j'aime partir de loin et provoquer un bras de fer avec le peloton.»
Ce tempérament d'attaquant, propre aux coureurs français professionnels toujours à l'attaque et aux avants postes dans les grandes courses, lui a permis de remporter une belle victoire ne souffrant aucune contestation. Pour l'avenir, le jeune Aubois de 24 ans ne se pose pas de questions : »Je prends les courses les unes après les autres, pour l'avenir on verra si l'opportunité se présente. Bien évidemment, j'aimerais signer un contrat pro, mais je ne me prends pas la tête on verra bien.»
Benjamin est à l'image de ses équipiers : un coureur concentré sur son objectif mais qui ne se prend pas au sérieux. Au milieu des trop nombreuses ombres qui entourent le cyclisme professionnel, ce rayon de soleil fait beaucoup de bien.

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