À l'UV Aube, le travail de formation ne fait pas recette !

Publié le par UV Aube

Ce sont quelques hommes (ici son directeur sportif, Michel Huet), qui portent bénévolement le club à bout de bras. Car, financièrement, le club de l'UV Aube souffre (Source L'Est-Eclair)


Meilleur club formateur de la région, l'UV Aube voit pourtant fondre ses moyens au fil des années. Les miracles ne sont pas éternels 

À chaque intersaison, la migration des coureurs touche de plein fouet l'UV Aube. « C'est bien connu, l'herbe est plus verte ailleurs. » Jean-François Barsot, président du club depuis une décennie, rit jaune. Mathieu Simon, Alexandre Gratiot, Benjamin Cantournet, et Evan Ferrand-Prévot, quatre de ses éléments les plus prometteurs, vont quitter le nid. Direction le CC Nogent-sur-Oise (Simon et Gratiot), le SCO Dijon (Cantournet) ou le CC Etupes (Ferrand-Prévot), des clubs de DN1 plus huppés. Plus riches aussi.
Pourtant, ce n'est pas la situation sportive qui donne des cheveux blancs au président. La réputation flatteuse de l'UV Aube a toujours permis au club de DN2 de se régénérer. Florian Morizot (ex-Bretagne Schuller) a donné son accord pour un retour aux sources. Une locomotive, suivie par Romain Lejeune (ex-CC Villeuve Saint-Germain) et, bientôt, par un étranger.
« Ce sont surtout les soucis financiers qui m'inquiètent », grimace Jean-François Barsot. Saison après saison, le budget se réduit comme une peau de chagrin. « Pour être serein, on aurait besoin de 200 000 € alors qu'on tourne autour de 150 000 € en serrant de tous les côtés. »


« Débourser, débourser »


L'âge d'or où le club pouvait se reposer sur les aides de l'État pour embaucher des contrats aidés est révolu. Finis les emplois qui garantissaient aux coureurs une couverture sociale !
Un trou de 60 000 € dans le budget qui n'a pas été comblé par les collectivités. En 2009, la Ville de Troyes a déboursé 13 000 € de subventions, le épartement 9 500 € et la Région 6 500 €, pour soutenir l'UVA « alors que certains clubs comme Nogent ou Auber dépendent à 80 % des collectivités », constate un président « fatigué ». « Pourtant, on ne coûte rien en équipement ! On ne fait que débourser, débourser, débourser…
Il y a d'abord le coût pharaonique des vélos. Plus d'un tiers du budget. « Seize vélos à 3 500 €, soit 56 000 €. Heureusement que nos fournisseurs nous aident. On ne les paie qu'en fin de saison. » Sur la balance des dépenses, les frais de carburant font mal au porte-monnaie : 12 000 €. Chaque week-end, l'UV Aube porte les couleurs du département aux quatre coins de France. S'ajoutent à cela les frais d'engagements (6 500 €), l'organisation d'une dizaine de courses (15 000 €), la classique Paris-Troyes étant prise en charge par la Ville. À cela, vient se superposer une enveloppe dédiée aux primes : 10 000 € par saison, « distribuées en fonction des places et des barèmes de course. »
Tandis que l'addition grimpe en flèche, le cyclisme, dans sa globalité, est confronté à deux écueils : La gratuité des courses et l'absence de retour sur investissement. Il est bien là le malheur d'un club comme l'UVA : il forme pendant deux ou trois saisons des coureurs que des structures pros s'accaparent ensuite sans débourser le moindre centime. « On ne revend jamais un coureur ! » Sinon, sur les huit dernières années, avec Usov, Levécot, Morizot, Lelarge, C. Pineau, Hutarovich, Duval, Villa et Roux, tous élevés au grain troyen, l'UVA aurait rempli ses caisses. Aujourd'hui, les fondations du club reposent avant tout sur la passion de quelques hommes et sur la reconnaissance d'un savoir-faire. La disparition de Michel Bossaert a déjà laissé un grand vide. Si son directeur sportif, Michel Huet, venait à passer le relais, la maison rouge et noir se trouverait en péril. « Malgré la misère, on réussit des miracles. » Jusqu'à quand ?