Aurélien Duval : les dessous de sa réussite

Publié le par Club Champagne Charlott'

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À deux jours de la dernière grosse échéance de l'hiver, Aurélien Duval nous confie ce qui l'a fait revenir au 1er plan (Source l'Est-Eclair)

 

Tout le monde s'accorde à dire que c'est un bosseur. « Aurélien Duval est un guerrier, qui ne rechigne pas à s'entraîner, ce qui lui permet de réaliser des choses aussi surprenantes que son titre tricolore », entendait-on à l'occasion de la cérémonie honorant son maillot bleu-blanc-rouge lors de sa venue à la mairie de Troyes. 
Revenu à l'entraînement le 1er juin après quinze mois d'arrêt, Aurélien a pris son statut de coureur cycliste, à temps plein, très au sérieux, un sérieux que peu de sportifs pourraient conserver toute une saison. « J'ai tout repris le 1er juin, jusqu'au 20 août, soit deux mois et demi. J'ai fait que des sorties de foncier, c'est-à-dire de longues sorties à des pulsations cardiaques assez basses. De cette manière, on habitue le corps à emmagasiner de plus grosses charges (au niveau cardiaque) par la suite », confie-t-il.
Jusque-là rien d'anormal, c'est ce que fait tout sportif, mais c'est surtout le temps passé qui est bluffant. « Pendant cette période, je faisais chaque semaine entre 25 et 30 heures d'entraînement. Chaque jour, c'étaient des sorties entre trois et cinq heures. Je m'accorde de temps en temps des jours de repos mais ils sont peu fréquents. » Autant dire qu'il faut avoir de grosses capacités de récupération !
 


« Après cette période, je suis monté dans des fréquences cardiaques plus hautes. Je faisais cela lors de sorties de cyclo-cross dans les bois, ça me permettait de retrouver de la technique. Travailler à haute vitesse permet de rencontrer les mêmes circonstances qu'en course. Avant ma reprise en compétition en novembre, j'ai refait du foncier en y mêlant du fractionné. Faire un peu des deux me permettait de rythmer les journées d'entraînement. Une fois que j'ai pu recourir, le volume hebdomadaire a baissé aux alentours de 15 heures, car j'ai fait beaucoup de courses. »
 L'Ardennais pensait à récupérer de tous ces efforts car la saison hivernale est longue… « Mon objectif était les Championnats de France, je pensais à cela et c'est ce qui me motivait. Les Championnats du monde sont arrivés ensuite. Même actuellement, je vais rouler par tous les temps. Par exemple, avant-hier (mercredi, NDLR) je suis allé rouler sous la pluie derrière un scooter à haute vitesse. Ce n'est pas le maillot tricolore qui me motive, c'est la même motivation que lors des premiers mois. Mardi, je n'ai pas fait de vélo, ça faisait depuis le 10 janvier que je m'entraînais chaque jour. »
À côté de cela, le champion de France ne s'accorde que très peu d'écarts. « Je me couche tôt le soir, après chaque entraînement je m'étire bien. Je m'hydrate… Tout ce que doit faire un coureur de haut niveau. C'est le passage obligé. La semaine dernière, on a fait un stage dans le sable à Koksijde avec l'équipe de France. On était tous conditionnés pareil. »
« On fait les choses sérieusement car si on veut réussir, on n'a pas le choix. J'ai pris cette décision pour gagner des courses et j'espère être devant dimanche avec les Belges. » Aurélien Duval est un forçat, un forçat du cyclo-cross comme on n'en trouve peu ailleurs…