Aurélien Duval : «reprendre tranquille»

Publié le par Club Champagne Charlott'

201109224e7aa630077ea-0.jpeg

 

DONCHERY (Ardennes). Le 21 octobre à minuit, Aurélien Duval en aura fini avec une suspension de deux ans. Pas question pour le Donchérois de faire « tête basse » ou, à l'inverse, de claironner ses objectifs.


COMME le dopage, la lutte antidopage est à deux vitesses. En octobre 2009, à 21 ans, Aurélien Duval - alors pro à la FDJ - s'est fait prendre par la patrouille.
En l'espace d'un contrôle (*) - positif à la norfenfluramine, une molécule coupe-faim associée au sulfureux Mediator -, le vice-champion d'Europe et du monde de cyclo-cross Espoirs 2008 est passé du statut de surdoué à celui de « pestiféré ». Pas d'appel ou de contre-appel, pas plus que de recours au Tribunal arbitral du sport : la sanction - avec licenciement par la FDJ à la clé - est tombée sèchement sans que des circonstances atténuantes soient trouvées. Garçon au caractère fier et bien trempé, le Donchérois s'est reconstruit. Et c'est sans états d'âme qu'il va retrouver les pelotons après deux années de suspension. « Ce que pensent les gens, je n'en ai rien à faire ». Même s'il ne veut pas franchement l'avouer, cette « punition » a forcément changé Aurélien Duval.

 

Savez-vous où vous en êtes ?
« Ce n'est pas facile à dire du fait que je n'ai pas fait de compétition pendant deux ans. Je verrai bien au fil des courses. Je vais reprendre tranquille par le cyclo-cross, très probablement à Sécheval le 23 octobre. »

 

On vous a vu en bonne position dans le peloton des courses hors stade. Une autre « vocation » est-elle née ?

« C'est un bien grand mot. Je n'ai fait que cinq courses. Je m'étais promis de disputer Sedan-Charleville au moins une fois dans ma vie : c'est fait… »

 

Comment avez-vous géré le regard des autres ?
« Les gens, je n'en ai rien à faire. C'est le dernier de mes soucis. Dans la vie, il y a des choses bien plus graves qu'une suspension. Ceux qui m'apprécient m'applaudiront ; les autres me siffleront… »

 

Au moins, avez-vous le soutien - officiel - du président du comité de Champagne-Ardenne, Michel Vercruysse…
« Michel (Vercruysse) ne me mettra pas des bâtons dans les roues. Au contraire. Comme André Jacquemart (organisateur du Circuit des Ardennes), il fait partie des personnes qui ne m'ont pas jugé. Certains ont tourné la tête en me croisant. C'est dans cette situation que l'on voit ses amis. Je peux les compter sur les doigts des deux mains. Carrément même sur une main… »

 

Etes-vous animé d'un esprit de revanche ?
« Oui et non. Mon premier objectif est de refaire du vélo avec le sérieux qui a toujours été le mien. Si je gagne des courses tant mieux ; si je n'en gagne pas tant pis. J'ai toujours aimé me faire mal. Quant à dire que je vais avoir des résultats, c'est autre chose. »

 

Avez-vous une petite idée de votre niveau ?
« En deux ans, je n'ai pu que régresser. Pendant ce temps-là, les autres ont progressé. Je dois être à 35 % du niveau que je pourrais avoir. »

 

A 23 ans seulement, rien n'est perdu, vous pouvez envisager une « seconde » carrière ?
« Pour qu'une équipe pro s'intéresse à moi, il va falloir que j'obtienne des résultats. Je constate que les coureurs qui ont été suspendus retrouvent des employeurs. Valverde a même signé pour deux millions d'euros par an chez Movistar… »

 

Avez-vous fait votre examen de conscience ?
« J'ai été contrôlé positif pour avoir pris un produit, la norfenfluramine, qui est autorisé à l'entraînement. C'est écrit noir sur blanc sur les règlements à « l'article x et à l'alinéa y ». Ces textes, je les ai eus sous les yeux et j'ai eu le temps de les apprendre. Si les contrôleurs étaient venus chez moi à 7 heures du matin, je n'aurais pas eu de problème. »

 

Vous vous êtes fait prendre avec un produit qui n'est plus en vente en France…
« Pas seulement en France mais dans toute l'Union européenne. Je me demande encore comment ce produit est arrivé dans mon organisme. »

 

Avez-vous déjà retrouvé une équipe ?
« Oui. Je suis en train de boucler mon dossier pour obtenir une licence. Je dois encore passer des tests ce mercredi (hier) à Reims. Quand on a été suspendu deux ans comme moi, la procédure est plus « poussée ». Je dois notamment rencontrer un psychologue. »

 

Sous quel maillot allez-vous rependre la compétition ?
« Le 21 octobre à minuit, j'aurai purgé ma suspension. Je vais courir à l'UV Aube Club Champagne Charlott', le club qui était le mien avant que je passe pro. Dans ma situation, c'est mieux d'évoluer dans une équipe que je connais. »