Hutarovich : le retour du « fils prodige » à l'UVA

Publié le par UV Aube

La maison de Michel Huet avait pris l'accent russe ce week-end. Comme au bon vieux temps...
(source L'Est Eclair)


Le sprinteur de la Française des Jeux n'a pas oublié le club qui lui a permis de percer. Ce week-end, il a retrouvé sa seconde famille. Ambiance...

 

Toutes les occasions sont bonnes pour se replonger dans l'ambiance qu'il a connue au cours des trois saisons passées à l'UV Aube. Invité par son pote Cédric Pineau au cyclo-cross de Toucy dimanche dans l'Yonne, le Biélorusse avait un point de chute tout désigné : la maison de Michel Huet, celui qu'il considère comme son « deuxième papa. »
Attendu vendredi midi avec sa femme Olga et sa fille de deux ans, Evelina, « Genia », comme tous ses proches le surnomment, a finalement déboulé en milieu d'après-midi, joyeux comme un gosse. À Lavau, chez son ancien directeur sportif, il est comme chez lui. « Il m'a tout donné, raconte-t-il en triturant son bracelet jaune Livestrong, relique de son premier Tour de France. Quand j'étais au plus mal en Italie, Michel m'a sorti de l'impasse. À ce moment-là, je songeais vraiment à arrêter le cyclisme. »
L'UV Aube, une bénédiction pour ce diamant brut qu'il fallait encore tailler. « C'est un courageux, il méritait qu'on s'occupe de lui. Il a travaillé énormément pour en arriver là, et il n'a pas changé », explique le maître des lieux en échangeant un regard complice avec son « chouchou. » « Ils ne sont pas nombreux à revenir nous voir une fois qu'ils sont passés pros », interrompt Marie-José Huet, en sortant une bouteille de champagne du frigidaire. Sourire timide, presque gêné du coureur…
Le double champion du Belarus sait ce qu'il doit à la famille Huet, et au club « rouge et noir ». « Il y avait tout pour réussir ici ! Comme quoi, une carrière, ça tient à peu de choses. À des rencontres… » lâche Genia, un brin nostalgique. « On en a fait sauter des bouchons dans cette cuisine, hein, Michel ! » Chacune de ses victoires était prétexte à sabrer le champagne. Et il les a accumulées…
Ça continue chez les pros à la Française des Jeux. Quatre en 2008, six en 2009, et une première participation au Tour de France en bonus. « Les quatre premiers jours, je me suis mis la pression, j'ai même eu peur. Ensuite, ça n'a été que du bonheur, même en montagne », se souvient la lanterne rouge 2009.


Le maillot vert en 2011


Des performances qui ont suscité de l'intérêt chez les autres formations. « On m'a fait des offres (AG2R), mais j'ai préféré rester. L'ambiance est super. »
Pour trouver de meilleures conditions d'entraînement, il s'apprête à quitter la Franche-Comté, où Frédéric Grappe l'encadrait. Direction Nice, où roulent déjà plusieurs de ses coéquipiers. La nouvelle vie d'Hutarovich est toute tracée. À bientôt 26 ans, il se voit en digne successeur de Mark Cavendish. Rien que ça ! Kamikaze dans ses sprints, l'homme n'a peur de rien dans la vie. « Je fais beaucoup de séances vidéo pour décortiquer ses arrivées. Un jour, il va arrêter de gagner, et ce jour-là, je serai à côté ! » Ses ambitions ne s'arrêtent pas là. Il se voit avec le maillot vert sur le Tour 2011. Michel Huet écoute. Il a le regard humide. Fier d'avoir contribué à l'éclosion de ce qui ressemble à un fils prodige.