Mission impossible pour Aurélien Duval à Coxyde...

Publié le par Club Champagne Charlott'

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Championnats du monde - Le champion de France du CC Charlott' ne se berce pas d'illusions. Une place dans le top 10 des Mondiaux constituerait déjà une sacrée performance (Source l'Est-Eclair)

 

Aurélien Duval a mis le cap Nord-Est aujourd'hui. La vedette du CC Charlott' a pris ses quartiers sur les bords de la mer du Nord, à quelques coups de pédales de la frontière française, quasiment dans la grande banlieue de Dunkerque. Un terrain de jeu plus familier à l'Ardennais que ne l'était le tracé breton de Quelneuc, qui l'a pourtant vu renaître de ses cendres.

Depuis son sacre national, il a mis les bouchées doubles aux entraînements pour « faire honneur au maillot tricolore », tout en sachant que sa place sur la grille (probablement en 4e ligne) lui interdit de rêver. A deux jours du point d'orgue de la saison de cyclo-cross, Aurélien Duval lève un coin du voile de ses ambitions et de son avenir.

 

Comment se passe votre vie de champion de France depuis quinze jours ?

« Rien d'extraordinaire. J'ai été plus sollicité que d'habitude, on m'a beaucoup félicité, mais j'ai fait en sorte de ne pas me disperser pour garder la ligne. Le titre de champion de France est derrière moi, je suis déjà tourné vers le futur. »

 

Votre préparation n'a donc pas été perturbée…

« Non, je me suis remis au travail très vite, avec de longues sorties en milieu de semaine et les deux dernières manches de Coupe du monde (N.D.L.R. : 24e et 12e). A Liévin, c'était une mauvaise journée, je suis tombé trois fois, j'ai eu des problèmes mécaniques. Et sur la dernière manche, j'aurais pu entrer dans les dix, mais, là encore, je suis tombé et j'ai perdu du temps bêtement. »

 

Les sensations étaient bonnes ?

« Non, je ne suis pas aussi fort à l'entraînement qu'avant les Championnats de France. Mais bon, ça ne veut rien dire. La veille des France, je n'étais pas bien du tout. Ça ne m'affole pas. »

« Je ne me mets pas de pression »

 

Vous semblez serein avant ce grand rendez-vous…

« Oui, je ne me mets pas de pression. Je donnerai le maximum, on verra comment ça se passera… »

 

Après votre triomphe en France, ces Mondiaux, on pourrait croire qu'ils ne sont qu'un bonus…

« Non, pas du tout, j'y vais pour faire honneur à la sélection. Je ne prends pas ces Mondiaux à la légère. »

 

Mais vous savez qu'aller chercher un podium relève de la mission impossible…

« Ah ça oui. Même dans un grand jour, sur un circuit en terre, je pourrais, au mieux, viser la 6e ou la 7e place. Cette année, il faut être réaliste, c'est injouable. Ce sera dur de faire dans les quinze. »

 

« Les équipes pro attendront »

 

Avez-vous élaboré une stratégie bien spécifique pour dimanche ?

« Il n'y a pas trente-six stratégies. Comme je pars loin derrière, en quatrième ligne, j'ai une trentaine de coureurs devant moi à remonter. Ça veut dire partir à bloc pour ne pas laisser les meilleurs faire un trop gros trou. Au troisième tour, j'accuse toujours le coup, mais je n'ai pas d'autre choix. En plus, il y a des parties monotrajectoires sablonneuses. Certains trouvent cela technique. Moi, j'estime plutôt qu'il faut se lancer rapidement dans ces portions. ensuite, ça se fait à la force. »

 

Ces Mondiaux, est-ce votre dernière course de la saison ?

« Je ne sais pas encore. Soit je fais une coupure, soit je me lance dans le Superprestige. »

 

Depuis quinze jours, vous avez changé de statut. Le monde professionnel vous fait-il les yeux doux ?

« Oui, j'ai eu des propositions d'équipes étrangères et françaises, mais je n'ai pas donné suite pour l'instant. Avant, ils n'étaient pas pressés de revenir vers moi, aujourd'hui, c'est moi qui ai les cartes en main, alors ils attendront. Pour l'instant, je laisse passer les Mondiaux, je n'ai pas encore de préférence. »

 

Vos jours au CC Charlott' sont comptés…

« Non, pas forcément. On doit discuter avec le président (Jean-François Barsot). Dans ma tête, je suis toujours le petit coureur amateur. »