Paris-Troyes : le sérum de vérité

Publié le par UV Aube

Romain Lejeune, meilleur coureur « aubois », n'a terminé qu'à la cinquantième place. Loin, très loin de Pineau (Source L'Est-Eclair)

 

On ne joue pas avec une des classiques les plus ardues du calendrier. Elle fait le ménage et couronne un grand champion.
Le rideau est tombé sur le 52e Paris-Troyes, une édition dont Ludovic Hurni, le jeune directeur de course, peut s'estimer légitimement satisfait. « Son » épreuve, puisqu'on peut légitimement lui accorder la paternité, même si son adjoint, Michel Pauvre, est resté un acteur vigilant, a remporté un joli succès sportif et populaire.
Maintenant, pour notre part, l'heure est venue de tirer des enseignements d'une épreuve dont nous avons tout lieu de nous réjouir, au regard du résultat final qui a porté sur l'Olympe le plus aubois des participants.
Le premier enseignement est que Paris-Troyes est une des épreuves les plus difficiles du calendrier hexagonal. Oh, ce n'est pas tant le pourcentage des bosses qui jalonnent le parcours qui fait la décision, c'est leur répétition qui, à la longue, mine les organismes.
Cédric Pineau avait des raisons personnelles de se transcender en ce 14 mars. Il n'empêche que les observateurs n'ont pas manqué de s'interroger sur la débauche d'efforts, qui semblait suicidaire, fournis par le coureur de Roubaix et qui lui a valu le prix de la combativité.
Et parce que l'épreuve, et il faut prendre le mot au sens premier, ne permet pas de tricher, elle met en évidence les choses établies, c'est-à-dire une hiérarchie qui n'est pas là par hasard et qui tient à ce qu'on la respecte.
Épreuve de vérité, Paris-Troyes affirme, et frappe du poing s'il le faut, un système de valeurs qui s'est confirmé au fil de la course, à savoir une supériorité des continentales pros, ici Saur-Sojasun, Bretagne-Schuller, Roubaix-Lille-Métropole et BigMat Auber, les DN1, à l'image de Nogent-sur-Oise, s'efforçant de contester au mieux, quand nos deux DN2 n'avaient plus pour ambition que de figurer.
Mais, ce qui nous interpelle, c'est bien le comportement des formations professionnelles étrangères, au nombre de six, qui n'ont jamais été dans le coup. A aucun moment, les informations diffusées n'ont fait état de leur présence aux avant-postes. Maintenant, que valent-elles ? C'est la question à se poser mais reconnaissons qu'il n'est pas facile pour le directeur de course de décider, surtout s'il a eu en amont des échos favorables.
Romain Lejeune, 50e, et Nacer Bouhanni, 65e, certes bien esseulés, ont pu mesurer le fossé qui les sépare des continentales pros qui ont fait la course d'équipe alors qu'ils ont été très tôt livrés à eux-mêmes et se sont efforcés de suivre un rythme qui les a sortis de l'ordinaire.
Mais si nos Aubois d'aujourd'hui n'ont pu rivaliser dans pareil contexte, nos Aubois d'hier ont été ô combien à la hauteur. Pour preuves, le vainqueur, Cédric Pineau, magnifique tout au long du parcours et Mathieu Simon, soutenu par une forte colonie, qui, 6e, s'est rapproché du bouquet.