Romain Lejeune : une Manche et un maillot

Publié le par Club Champagne Charlott'

Romain Lejeune attendait cette victoire : dans le Tour de la Manche, le Rémois de l'UV Aube s'est émancipé à la barbe des coureurs de DN1. [Entretien du jeudi du journal l'Union] 

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Et si, à 25 ans, Romain Lejeune arrivait à pleine maturité ? La semaine dernière, lors du Tour de la Manche, le Rémois de l'UV Aube Club Champagne Charlott' a parfaitement manœuvré. Tactiquement, mais aussi quand il a fallu prendre l'initiative pour déposséder de son maillot jaune de leader un certain Gert Joeaar (CC Villeneuve-Saint-Germain), l'un des coureurs de DN1 les plus en vue.
Comme beaucoup, notamment en Champagne-Ardenne, Romain Lejeune est venu à la route par le BMX et le VTT (à Bazancourt), ce qui explique qu'il soit aussi à l'aise en cyclo-cross (11e du championnat de France 2011) que sur le macadam : « J'ai commencé par du vélo plaisir. J'ai travaillé ma polyvalence et mon agilité. Ce n'est que ma 4e ou 5e année sur la route.»



 

Votre succès dans le Tour de la Manche est de ceux qui marquent une carrière et un palmarès…


« C'est tout simplement ma plus grosse victoire sur route. Et le Tour de la Manche est l'une des plus importantes courses par étapes dans le calendrier français amateur. C'est un succès qui récompense aussi le club et les gens qui m'entourent et me soutiennent.»



 

Cette victoire est celle de la régularité…


« Je préfère les profils accidentés. Au Tour de la Manche, le relief n'est pas dur. Il se trouve que je marche pas mal en ce moment, ce qui me permet d'être bien sûr tous les types de courses.
Vendredi, après la 2e étape, on s'était dit, avec Florian Morizot, qu'il y avait quelque chose d'intéressant à faire. Gert Joeaar avait le maillot jaune mais Villeneuve-Saint-Germain n'alignait pas forcément l'équipe pour rouler. Tout était ouvert, mais il fallait déjà que je fasse un bon chrono (9e à 57'' de Joeaar)…»



 

En plus de la régularité, il vous a fallu forcer le destin…


« Le samedi après-midi, nous avons attaqué dès le km 0 avec Romain Delalot. Quand je l'ai vu partir, je me suis dit que ça pouvait être le bon coup. Sur les demi-étapes comme celle-ci, sur 105 km, les courses sont les plus nerveuses, c'est celles aussi où il se passe le plus de choses.
 A trois devant, la situation aurait pu devenir compliquée mais une quinzaine de coureurs est revenue. A 20, c'était jouable. Dans cette échappée, j'étais le mieux placé au général et j'avais un coéquipier, Victor Gousset, qui m'a énormément aidé en fin d'étape. Avec cinq minutes d'avance, on s'est beaucoup regardé dans le groupe pour la victoire d'étape. Mais nous, on a oublié cette victoire d'étape pour se concentrer sur le maillot jaune. »



 

Sur quoi votre performance au Tour de la Manche peut-elle déboucher ?


« Nous avons un gros programme au mois de mai. A commencer par les Boucles de la Marne de dimanche prochain. Je serai un peu à la maison. Après, on enchaîne avec les Boucles de l'Artois sur deux jours et, à la fin du mois, il y a le Tour du Périgord, une course vraiment dure sur trois jours, et où j'aimerais bien me montrer. »



 

Passer pro reste-t-il un objectif pour vous ?


« Cela fait 13 ans que je fais du vélo avec l'idée de passer pro. J'ai arrêté la saison de cyclo-cross assez tôt pour des problèmes de santé. Je me suis donc bien reposé et j'ai fait une grosse base de fond. J'ai beaucoup roulé et je suis allé dix jours à Marrakech pour me préparer au chaud. Florian Morizot et Michel Huet, mes directeurs sportifs, m'ont laissé plus de temps. Je n'ai repris que le 11 mars à Paris-Troyes. »





Mathieu Simon a quitté le CC Nogent-sur-Oise pour rejoindre Aubervilliers, avec l'espoir d'avoir plus de chances de passer pro dans l'équipe continentale. Cette option ne vous a pas tenté ?


« Je n'ai pas fait ce calcul. Je suis à l'UV Aube depuis trois ou quatre ans et je m'y sens très bien. Nous avons un très bon programme, quasiment digne d'une équipe de DN1. Il n'y a que les manches de Coupe de France Look que nous ne disputons pas. Je suis presque chez moi et je n'avais aucune raison d'aller ailleurs. »



 

Cette victoire dans le Tour de la Manche peut-elle changer votre statut au sein de l'UV Aube ?


« Comme je marche le mieux, mes équipiers roulent pour moi. Même si je l'entends, je ne me considère pas comme le leader de l'UV Aube. Quand un coéquipier a besoin de moi, je roule pour lui avec plaisir. Il y a vraiment une bonne ambiance. »





Lorsque l'on a l'ambition de passer pro, les championnats de France sont quasiment un passage obligé…


« A priori, à Saint-Amand-les-Eaux, c'est un parcours plat comme une galette. Ce qui ne me convient pas forcément. Même si, cette saison, je réussis de belles choses sur le plat. Mais il faut déjà que je figure dans les trois coureurs qui représenteront le comité de Champagne-Ardenne. »


Propos recueillis par Jean-Pierre PRAULT